
La majorité des commerçants ou des futurs entrepreneurs envisagent de démarrer ou d’étendre leur activité en ligne. C’est un secteur à forte croissance. Les ventes en ligne ont totalement bouleversé la donne par rapport au commerce traditionnel, sans pour autant cannibaliser ce dernier. Au contraire, on parle désormais d’un commerce de plus en plus connecté où les effets de synergie entre les deux sont nombreux. La tentation est donc grande de se lancer dans la vente en ligne
Malgré ce que laisse entendre le titre, le e-commerce n’a pas grand chose à voir avec le poker, la réussite d’une boutique en ligne ne doit rien au hasard. Pour franchir le pas et bien démarrer, il est nécessaire d’avoir les bonnes informations et de bien savoir à quoi s’attendre.
Le commerce en ligne ouvre de belles opportunités aux commerçants. Il permet :
- d’étendre sa zone de chalandise
- de toucher une cible plus large
- d’ajouter un canal de distribution
- de vendre 24h/24
- de présenter ses produits de manière différente
- de diminuer ses coûts fixes (et donc d’améliorer sa marge)
- de profiter davantage des technologies liées à Internet
- de mieux cerner son retour sur investissement
- de développer sa relation client
C’est un gain de temps pour le consommateur et c’est pratique. Il peut avoir accès à plus d’offres, à des prix plus avantageux et prendre davantage le temps de s’informer.
Le ecommerce c’est avant-tout un marché à trouver…
Il y a donc de nombreux avantages à être e-commerçant. Pour le devenir, tout d’abord, il faut trouver un marché où la demande est suffisamment forte.
En e-commerce, plus particulièrement lorsque l’on débute, il est important de se positionner sur une niche. C’est à dire se spécialiser dans un domaine que vous maitrisez (c’est préférable) et qui est susceptible d’attirer un nombre suffisamment important d’e-consommateurs. A moins d’avoir des budgets conséquents, il est plus judicieux d’aborder un domaine sur lequel vous pourrez facilement vous démarquer. S’attaquer à des généralistes, des « gros » du secteur, risque d’être très compliqué et de vous coûter cher. Se spécialiser dans un domaine permet aussi de mieux estimer l’attrait de votre offre, la valeur ajoutée que vous allez pouvoir apporter à vos clients car c’est un segment de consommateurs aux attentes plus homogènes et distinctes.
Vous allez ensuite devoir trouver les fournisseurs. Il va falloir négocier les prix. Vous devrez anticiper les fluctuations de la demande, prévoir les besoins humains et matériels.
Le ecommerce demande des moyens, de l’anticipation et un peu d’ambition…
Une fois que vous avez l’offre, il faut avoir les moyens. C’est à dire le budget et les compétences (internes ou externes) pour réaliser, gérer, entretenir et promouvoir son site e-commerce. Il s’agit de jauger l’ampleur et les spécificités de votre projet, de voir ce que vous pouvez faire et ce que vous devez déléguer. Vous pouvez vous poser plusieurs questions (liste non exhaustive) :
- Quel apport financier puis-je amener ? Comment trouver des apports extérieurs ?
- Quelle solution e-commerce est la plus économique ? La plus efficace ?
- De quels fonctionnalités ou développements ai-je besoin ?
- Quel design sur mon site e-commerce pour construire mon identité visuelle, être ergonomique et mettre en avant mon offre ?
- Vais-je vendre à l’international, vendre en Europe ?
- Quel merchandising vais-je appliquer ?
- Quel support technique et conseils aurai-je ?
- Quelle vision à court/moyen/long terme ?
- Quels sont les points faibles du projet ?
- Quels sont les facteurs clés de succès ?
- Quelle est l’importance de la concurrence ?
- Quels besoins en communication aurai-je ?
- De quels professionnels dois-je m’entourer (consultant, référenceur etc.) ?
Parmi les points clés pour obtenir un site e-commerce fonctionnel, vous devrez imaginer les modes de livraison les plus adaptés (en fonction du poids par exemple), leurs prix et si vous pouvez offrir la livraison (ce qui est très demandé). Vous aurez aussi à déterminer les moyens de paiement que vous mettrez en place, les plus avantageux, les plus utilisés. Essayez d’être le plus large possible. Mettez au moins en place le paiement par carte bancaire (ex : PayPal), le chèque et le virement.
Le plus important c’est qu’il en découle une estimation de vos bénéfices. De nombreux coûts sont à anticiper : le prix d’achat, le coût de la livraison, le coût de la solution ecommerce, le montant de l’hébergement, les diverses taxes et charges, les commissions prestataires. Vous allez ainsi pouvoir déterminer un seuil pour le prix de vente et la quantité afin d’être rentable.
Les questions à se poser ne manquent pas, y répondre demande un peu de patience et de persévérance !
Le ecommerce nécessite des compétences ou au moins des connaissances…
Si vous avez l’offre et les moyens, il s’agit enfin de savoir promouvoir son site et son offre pour espérer faire de bonnes ventes.
Ce sont souvent les plus visibles qui réussissent et pas forcément ceux qui ont la meilleure offre. Dans l’acquisition de trafic qualifié, le domaine le plus crucial est le référencement naturel, c’est à dire avoir une solution optimisée pour le référencement ainsi que tout un travail on-site et off-site pour améliorer votre positionnement sur les moteurs de recherche.
Cela passe, dans les grandes lignes, par :
- la création de contenu unique et
la mise à jour régulière de celui-ci
- un code source « propre » et optimisé
- le respect des règles au niveau des balises et
des réécritures d’URL
- des liens entrants de qualité
- de bonnes redirections
- un bon maillage interne
- des pages qui s’affichent rapidement
- un sitemap à jour
- une présence sur les réseaux sociaux et sur les guides d’achat
N’hésitez pas à ouvrir un blog ou à rédiger des communiqués de presse en ligne avec des liens renvoyant vers votre site e-commerce par exemple !
Pour ne pas être trop dépendant de Google et des autres moteurs, essayez de diversifier vos sources de trafic. Pour cela, il est bon de prévoir une présence dans les réseaux sociaux, un emailing régulier et de faire de la publicité online voir offline sur différents supports. Il ne faut pas non plus négliger les relations presse et la communication auprès de son réseau de connaissances, de manière à développer sa notoriété et à apporter plus de trafic direct.
Veillez aussi à ce que les produits soient présents en dehors du site en les exportant sur les comparateurs et même sur Facebook (avec des solutions telles que Boosket).
En parallèle, il faut préparer l’arrivée de ces visiteurs. Votre boutique doit être prête à les accueillir. C’est à dire que vous devez adapter votre site pour obtenir de bons taux de conversion. Votre design va être déterminant. Il s’agit de réfléchir à l’ergonomie. Les internautes sont exigeants. Simplifiez leur la tâche, mettez en avant vos produits et vos points forts. Un design bien pensé permettra de mettre en exergue votre univers produit, votre identité et de répondre aux habitudes de navigation de vos visiteurs. Ils doivent trouver facilement les produits qu’ils cherchent (pensez à faire des ventes croisées). Les fiches produits sont cruciales, le descriptif et les photos doivent être les plus qualitatifs et détaillés possible. Le tunnel de commande doit être le plus simple possible (équilibre entre informations nécessaires, nombre de clics, lisibilité et rapidité). Pour que votre site soit efficace, pensez à bien déterminer le profil type de vos clients (faire 2-3 persona) pour adapter votre site e-commerce en fonction de leurs habitudes et de leurs utilisations.
L’objectif final étant de convertir, vos visiteurs ne deviendront des clients que s’ils sont rassurés (notamment ceux qui viennent pour la première fois). Proposez des services annexes et donnez leur un maximum d’informations (SAV, moyens de paiement, livraison, « qui sommes nous » etc.). Essayez de les fidéliser. Basez-vous, par exemple, sur le modèle RFM, c’est à dire en fonction de la récence, de la fréquence et du montant de leur achats. Vos clients importants peuvent aussi être ceux qui parlent en bien de vous sur les réseaux sociaux, ceux qui sont influents et qui génèrent de l’engagement. La fidélité est, sans aucun doute, un des points centraux autour duquel vous devez axer vos efforts au niveau de votre relation client et de vos actions marketing. Fidéliser coûte généralement moins cher que d’acquérir de nouveaux clients. En fonction des caractéristiques de vos clients et du type d’acheteurs qu’ils sont, proposez leur, par exemple, des offres spéciales, des produits annexes à prix réduit, des codes promos, des cadeaux, ou du contenu qui les incite à revenir sur votre site.
Pour mesurer à posteriori l’efficacité des pages et du contenu de votre boutique en ligne, n’oubliez pas d’intégrer une solution de statistiques performante en amont tel que Google Analytics ou AT Internet. Vous optimiserez ainsi la rentabilité de votre site. Les statistiques vous permettront d’analyser ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien afin d’adapter constamment votre boutique en ligne. Lorsque vous vous lancez, essayez de recueillir des retours utilisateurs assez rapidement pour déceler certaines anomalies et imaginer des axes d’améliorations. Mettez aussi en place un processus de veille dans votre domaine et vis-à-vis de vos concurrents (flux RSS, Twitter, Google Alertes etc.) pour être en phase avec votre activité et connaitre les tendances.
Le ecommerce requière certaines démarches et un peu de paperasse…
Déterminer son business model et anticiper les aléas de son projet passe généralement par la réalisation d’un cahier des charges (même dans une version très simplifiée) où les questions principales à se poser sont : Que veulent mes futurs clients ? Qu’attendent-ils de mes produits et/ou services et de la manière dont je vais les vendre ? Comment pourrai-je être rentable ? Il faut, une fois de plus, bien les connaitre. Imaginez plusieurs scénarios pour votre projet, un optimiste et un plus pessimiste…
Enfin, l’attribution d’un statut légal est obligatoire pour vendre en ligne comme dans le commerce traditionnel. Il y a des règles propres au e-commerce et il y en aura bientôt de nouvelles à respecter. Des mentions légales ainsi que des CGV accessibles dès la page d’accueil notamment sont obligatoires, tout comme la déclaration à la CNIL de son site e-commerce.
En ecommerce comme ailleurs, vos efforts paieront !
Avec toutes ces cartes en main, vous êtes prêts pour vous lancer dans le bain du e-commerce. Évidemment, vous ne serez pas parfaits sur tous les points mais les avoir en tête est déjà une bonne chose. Si vous n’avez pas les compétences dans certains domaines (préparation du projet, référencement, design, développement etc.), entourez-vous de professionnels. Le commerce en ligne est accessible mais nécessite du temps, du travail et de l’écoute. Un site e-commerce doit être mis à jour régulièrement, demande de la maintenance et de la gestion au quotidien, il ne faut pas croire que tout est fait une fois que le site est en ligne. C’est un secteur en constante évolution. Cependant, si vous avez l’esprit commerçant et si vous préparez bien votre projet en amont, il y a de fortes chances que vous fassiez un bon voir un très bon e-commerçant !