Après la mise en ligne ce matin de notre première boutique Wizishop, je vous propose de retrouver le rythme normal de ce blog avec aujourd’hui, le témoignage de Xavier qui tient une boutique de Tee Shirt.

Tout d’abord, pouvez vous vous présenter ?
Je me prénomme Xavier, j’ai 34 ans. Mon parcours brièvement : Ingénieur informaticien, j’ai travaillé quelques années en tant que prestataire dans différents grands comptes avant de me retrouver responsable systèmes et réseaux pour une grande enseigne de prêt à porter. En parallèle à ce poste, j’ai monté en 2004 ma propre structure afin de gérer mes différentes activités (développement/gestion de sites internet, production/vente de produits manufacturés, prestations informatiques diverses). Je gère notamment la boutique de tee-shirts imprimés en édition limitée Gérard Marcel. La boutique propose une collection de modèles issus de graphistes dont les visuels ont été au préalable soumis aux votes et à l’approbation de la communauté du site.

Depuis quand vous êtes vous lancé dans la vente en ligne ?
Mon premier site de vente en ligne remonte à 2005 avec une première boutique qui proposait à la vente les vêtements (polo, tee shirt, débardeur, chemisette) de la marque de streetwear Islord, marque que j’avais lancée quelques mois plus tôt. Cela m’a permis à l’époque de me familiariser avec Oscommerce et du process de commande en ligne. Les choses sérieuses ont vraiment commencées avec le lancement du site Gérard Marcel, qui a ouvert ses portes début 2007. Il a fallu à peu près 6 mois (à mi temps) de développement et d’intégration pour finaliser le site de vente et toutes les autres briques logicielles (blog, système de notation, etc…)

Qu’est-ce qui vous a motivé ?
Sans pouvoir l’expliquer, j’ai toujours été attiré par la création textile. Penser un modèle, le fabriquer, le porter, le faire découvrir aux autres, j’ai toujours eu ça à l’esprit. Travailler dans le monde du prêt à porter a fini de me décider. De plus, la commercialisation d’un produit fini (notamment sur le web) permet d’approcher de nombreux métiers : le suivi de production, le marketing, la relation clientèle, le commerce (notamment off-line), la programmation, le référencement, etc… C’est la certitude d’avoir des journées bien remplies, jamais monotones.

Avez vous eu d’autres expériences dans le commerce avant cela ?
Avant Gérard Marcel, je me suis occupé de la vente de ma précédente marque : Islord. J’ai notamment utilisé les services de plusieurs agents commerciaux pour placer les produits chez des distributeurs multimarques. Je me suis également testé au difficile métier du démarchage de point de vente. Par manque de temps, je ne le fais que très peu pour Gérard Marcel, c’est probablement un tord.

Est-ce que vous avez éprouvé des difficultés à vous lancer dans le e-commerce ? Si oui, lesquelles ?
Je n’ai pas vraiment eu de difficulté à me décider ni à me lancer. Je savais dans quoi je m’engageais. Avoir la main sur tous les métiers de la chaine, de la trésorerie ainsi que d’autres activités annexes qui fonctionnaient déjà m’ont permis de démarrer serein.

De combien de personne est maintenant composée votre équipe ?
Je suis seul à m’occuper des différentes tâches. De tempérament indépendant, cela me convient. Je ne remercierais toutefois jamais assez une fidèle du site qui m’aide à la modération des visuels et à l’intégration de graphismes divers. J’ai tenté parfois de me faire aider par des stagiaires pour différents projets, avec un résultat mitigé. Au quotidien, je travaille dans un local commun avec un ami également indépendant qui gère lui-même un site de vente sur le net, dans un tout autre secteur. Ce mode de fonctionnement nous permet d’éviter l’isolement (souvent néfaste), de confronter nos difficultés, de s’entraider et de partager nos expériences.

Externalisez vous beaucoup de domaines ?
Seul le design du site a été réalisé par une personne extérieure. Je gère moi-même toute l’exploitation du site, du développement logiciel à la remise des commandes à la Poste. Je m’occupe également de la comptabilité de la structure (SARL) et de l’administration système des serveurs web dédiés. Cela me permet de réduire au strict minimum les charges.

Quel est votre stratégie et votre budget pour faire connaître votre boutique en ligne ?
Je n’alloue actuellement pas de budget pour faire connaitre le site. L’augmentation des ventes se fait à l’aide de 4 supports : le référencement et autres partenariats, l’affiliation, l’augmentation de la taille de la communauté et le bouche à oreille des clients satisfaits. Ayant notamment la gestion de plusieurs sites internet à fort trafic dans un domaine très concurrentiel (les jeux), j’ai acquis une plutôt bonne expertise dans le domaine du référencement. Cela assure un trafic ciblé et régulier.

Pouvez vous nous donner quelques chiffres ?
Le seul chiffre que je peux indiquer est : 42 (comprenne qui pourra J). Le business du tee shirt en ligne est un monde impitoyable dans lequel moins on en dit, mieux on se porte. Je préfère alors rester discret.

Quelles sont les améliorations que vous aimeriez apporter à votre boutique ?
Alléger les pages, car à trop vouloir un site graphique, je me suis retrouvé avec une interface lourde à gérer. La mise en ligne de promotions ou des soldes est notamment (trop) fastidieuse.

Selon vous quelles sont les clés du succès ?
Du succès en général, je ne sais pas, mais de ma propre relative réussite professionnelle, j’ai quelques idées. Prendre du plaisir à ce que l’on fait, se remettre (parfois) en question, être sérieux dans ses affaires, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, ne pas compter ses heures, ne pas rougir à être parfois opportuniste et avoir la faculté de dormir peu.

Qu’aimeriez-vous dire à toutes les personnes qui vont faire le grand saut et se lancer dans la vente en ligne ?
Qu’à moins d’avoir 2 ans de trésorerie devant soi, le mieux est encore de se lancer en parallèle d’un travail à la rémunération sûre. De bien se renseigner et pourquoi pas de profiter du statut d’auto-entrepreneur qui va entrer en vigueur le 1er janvier. Ensuite, l’essentiel est de prendre du plaisir dans le projet dans lequel on va s’investir corps et âme. Et d’y croire !

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Vous avez sans doute entendu parler de la Loi de Modernisation de l’Economie (LME) qui, parmi les dispositions qu’elle comporte, crée un nouveau statut d’entrepreneur individuel ou d’auto-entrepreneur. Nous avions relayé l’information sur ce blog, il y a quelques mois, avant que la loi ne soit définitivement adoptée le 23 juillet 2008. Sa mise en application est prévue pour le 1er janvier 2009. Depuis, des points ont été modifiés, il me paraît donc important d’apporter quelques précisions afin d’éclaircir la mise en place de ce nouveau dispositif.

A qui s’adresse ce nouveau statut ?

Ce statut sera ouvert, à partir de 1er janvier 2009, aux étudiants, salariés du public et du privé, professions libérales, retraités et demandeurs d’emploi.
Cependant il ne sera accessible qu’aux personnes dont le revenu fiscal de référence par part de quotient familial ne dépasse pas 25195 € soit :

  • pour un célibataire (une part) : 25 195 €
  • pour un couple (deux parts) : 50 390 €
  • pour un couple avec un enfant (deux parts et demi) : 62 987 €

Quelles sont les démarches administratives pour lancer ou arrêter son activité ?

Le lancement ou l’arrêt de son activité se fait par une simple déclaration écrite ou par internet auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE). Il est nullement nécessaire d’être immatriculé au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers.

Quelle est la limite de chiffre d’affaires autorisé et quel est le montant des charges ?

On distingue deux cas :

  • pour les activités commerciales (vente de marchandises, d’objets, de fournitures…), le chiffre d’affaires ne doit pas dépasser 80 000 € HT. Sur ce chiffre d’affaires, l’entrepreneur paiera un prélèvement libératoire forfaitaire (charges sociales et impôts) de 13% ;
  • pour les activités de services, relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et les professionnels libéraux relevant des bénéfices non commerciaux (BNC), le chiffre d’affaires ne doit pas excéder 32 000 € HT. Le montant des charges s’élève à 23%.

Le paiement des charges sera payé auprès du régime social des indépendants (RSI) tous les mois ou trimestriellement. L’avantage de ce système est que s’il n’y a pas de chiffre d’affaires, il n’y a pas de charges sociales ou fiscales à payer.

L’auto-entrepreneur est-il considéré comme professionnel ?

Oui, même si l’activité commerciale qu’il exerce est considérée comme accessoire. Il est un professionnel au sens du Code de la consommation et est responsable de plein droit en cas de non respect des règles.
En ce qui concerne le commerce électronique, l’auto-entrepreneur est soumis aux mêmes obligations que n’importe quel professionnel, par exemple :

  • respect de la date limite de livraison
  • informer le client sur son droit de rétractation
  • rembourser le consommateur en cas d’exercice de ce droit

Ce statut d’auto-entrepreneur est une réelle avancée pour des dizaines voir des centaines de milliers de gens qui vont pouvoir mettre leur ambition, leurs compétences et leur enthousiasme au service de leur propre entreprise. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur ce statut d’auto-entrepreneur, je vous conseille ce site où vous trouverez également un forum de discussion.

En savoir plus :
Voir notre article sur ce blog sur le statut d’auto-entrepreneur

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