Je vous propose aujourd’hui le témoignage de Marie qui a créé le site Plus de Bulles. Elle est à l’origine d’un mode de fonctionnement intéressant et original puisqu’elle s’est associée à une boutique “en dur” afin de partager les coûts de stockage.
- Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?
J’ai 30 ans, j’ai une formation commerciale (IUT) et après divers postes dans la vente, j’ai eu envie de lancer ma propre boutique : Plus-de-Bulles. Après avoir envisagé pas mal de secteurs, j’ai choisi le champagne. D’abord parce que je suis de la région et que je connais certains des acteurs de ce secteur, mais aussi parce qu’il n’y avait aucun acteur spécialisé uniquement dans le champagne, et que sur les sites très connus qui vendent toutes sortes de vin, on ne trouvait quasiment que des grandes maisons et très peu de champagne de vigneron. L’idée de départ était donc de faire connaître ces petits producteurs.
- Depuis quand vous êtes vous lancé dans la vente en ligne ?
Plus-de-Bulles a été lancé le 1er mai 2007, ironiquement le jour de la fête du travail. Cela fait donc 16 mois que le site existe.
- Qu’est-ce qui vous a motivé ?
Déjà l’idée d’être indépendante, de mener ma barque seule, et que donc la réussite ou l’échec de l’aventure ne tiennent qu’à moi. C’est aussi en suivant les aventures d’autres entrepreneurs sur le net comme Mathilde de Bagatelles ou d’autres, que l’envie est venue. D’ailleurs j’ai aussi ouvert un Blog lié à la boutique
- Avez-vous eu d’autres expériences dans le commerce avant celà ?
Pas vraiment, j’ai bien bossé dans des magasins “en dur”, mais c’est difficilement comparable, car je n’avais pas du tout les mêmes responsabilités.
- Est-ce que vous avez éprouvé des difficultés à vous lancer dans le e-commerce ? Si oui, lesquelles ?
La première difficulté a été au niveau financier, car il fallait de l’argent pour acheter un stock de champagne, ce qui se chiffre vite en plusieurs dizaines de milliers d’euros. J’ai donc contourné la difficulté en m’associant avec une boutique de Champagne, Le Moine Vigneron, installée à Epernay, ce qui m’a aussi permis de proposer très vitre plus de 250 cuvées différentes sur le site. Ensuite, il a fallu mettre les mains dans la mécanique et n’étant pas une experte du langage HTML ou des techniques de référencement naturel, ce ne fut pas toujours simple. Puis au fil du temps il a fallu se frotter à la comptabilité, aux impayés, ou à la problématique de la livraison puisqu’une caisse de champagne c’est lourd et volumineux.
- De combien de personne est maintenant composée votre équipe ?
Je m’occupe seule du site et du blog, par contre la gestion des stocks et l’envoi des commandes sont faits par la boutique d’Epernay.
- Externalisez-vous beaucoup de domaines ?
J’ai recours à un prestataire pour faire la une du site, gérer les bannières aléatoires et le design. Je fais aussi appel de temps à autre à Olivier Levy (blog-e commerce) pour lui demander conseil sur le référencement naturel de ma boutique. Enfin, malgré toute la bonne volonté du monde, j’ai dû oublier ma tentative de faire la comptabilité seule et j’ai donc un expert-comptable qui s’occupe de faire les bilans, les déclarations de TVA…
- Quel est votre stratégie et votre budget pour faire connaître votre boutique en ligne ?
J’achète des mots-clefs sur Google pour 1000 euros par mois, et j’ai signé des partenariats avec des moteurs de recherche spécialisés dans le vin comme Vinogusto ou FindaWind. Sinon, il y a évidemment le référencement naturel, mais c’est un travail de longue haleine, et le blog qui permettent de faire venir des visiteurs sur le site.
- Pouvez-vous nous donner quelques chiffres ?
Sur Plus-de-Bulles, il y a environ 600 visiteurs par jour, et un panier moyen de 500 euros. Pour la deuxième année d’existence du site, je vise un triplement du CA, et pour le moment je suis dans le bon rythme, même si une bonne partie du succès ou non de l’année se jouera en décembre.
- Quelles sont les améliorations que vous aimeriez apporter à votre boutique ?
J’aimerais inclure sur certaines fiches produits, des petites vidéos de dégustation faites par un œnologue, et enrichir la partie “magazine” du site avec plus de reportages dans les caves. Au niveau du choix, je crois qu’il est déjà assez large même si une cinquantaine de nouvelles cuvées vont être proposées dans les prochains mois. Par contre la partie Accessoires est trop maigre et c’est une des priorités du moment.
- Selon vous quelles sont les clés du succès ?
Je ne sais pas si il y a un schéma à suivre pour réussir, d’ailleurs en ce qui me concerne il est encore trop tôt pour dire que c’est un succès, mais je crois qu’il faut être endurant, ouvert sur ce qui se fait ailleurs surtout sur le Web où tout change vite, et ne surtout pas négliger le service aux clients.
- Qu’aimeriez-vous dire à toutes les personnes qui vont faire le grand saut et se lancer dans la vente en ligne ?
La première chose est qu’il ne faut pas se décourager si les premiers mois les commandes se comptent sur les doigts d’une main, c’est un travail de longue haleine. Et puis qu’il faut être débrouillarde et touche à tout, discuter avec le banquier le matin, avec un graphiste ou un développeur le midi, un client ou un fournisseur l’après-midi. Mais c’est aussi ce qui fait le sel de cette aventure.






